Le cercle vicieux de l’inactivité

L’inactivité physique

L’inactivité, c’est-à-dire peu ou pas bouger, est l’une des principales causes de perte d’autonomie dans notre société. Selon l’Organisation mondiale de la santé, c’est la quatrième cause de mortalité au monde.[1] Pourquoi? Car l’inactivité physique engendre un cercle vicieux.

Exemple

Prenons l’exemple d’une femme qui réside seule, qui s’occupe d’entretenir sa maison et qui fait des sorties quotidiennes. Nous pouvons considérer que cette dame maintien une vie active. Par malchance, la dame en question développe une pneumonie et est hospitalisée et alitée pendant quelques jours. Par conséquent, à son retour de l’hôpital, elle est affaiblie. Elle n’est plus en mesure d’entretenir sa maison car cela lui demande trop d’énergie. Elle a développé des faiblesses aux jambes limitant ainsi sa capacité à se déplacer à la marche et monter les escaliers est devenu trop exigeant. Deux possibilités s’offrent à cette dame:

La première: Elle reprend progressivement ses activités habituelles

    • La dame recommence à marcher quotidiennement en augmentant graduellement sa distance. Cela lui permet de reprendre tranquillement ses capacités physiques et son endurance à la marche
    • Elle s’entraîne 2 fois par jour à monter et descendre une marche 10 à 15 fois pour progressivement être en mesure de pouvoir réutiliser les escaliers
    • Elle entreprend des petites tâches dans la maison. Par exemple, elle passe la balayeuse dans une pièce et le lendemain dans une autre pour reprendre progressivement l’entretien de sa maison.

Dans ce scénario, la dame reprend ses activités progressivement en s’activant régulièrement. Elle le fera jusqu’à ce qu’elle revienne à l’autonomie qu’elle avait précédant sa pneumonie. Cela lui prendra du temps mais à force de rester active quotidiennement, elle parviendra à reprendre ses activités quotidiennes.

Dans quel pourcentage croyez-vous que ce scénario se réalise?

Selon statistique Canada, dans la population âgée de 65 ans et +, environ 1 personnes sur 3 réussie à regagner son autonomie.[2] En d’autres mots, à la suite d’un événement « x », il n’y a que 33% de la population qui regagne les capacités physiques et mentales nécessaires afin de contrer la perte d’autonomie. Cette perte d entraîne d’autres pertes physiques qui peut mener à un état de dépendance. Mais pourquoi est-ce que deux tiers de la population âgée ne réussissent pas à reprendre leur autonomie? Plusieurs croient que c’est par un manque de motivation ou manque de temps mais j’ai une autre théorie en ce qui a trait à nos personnes âgées!

Posez-vous ces questions :

Depuis combien d’années marchez-vous? Vous faites des tâches ménagères depuis combien de temps? Pouvez-vous estimez depuis quand vous montez et descendez des escaliers? La réponse : Depuis toujours!

Ces activités font partie de votre vie quotidienne depuis si longtemps que vous les considérez complétement banales. Alors, même si vous éprouvez un peu plus de difficultés à effectuer certaines activités, vous ne vous inquiétez pas car vous croyez que cela reviendra éventuellement comme avant.

 

ERREUR!

 

Il faut comprendre qu’en vieillissant notre métabolisme ralentit. Cela signifie que moins nous effectuons une tâche ou une activité, moins nous conservons les aptitudes nécessaires pour les compléter. En anglais nous utilisons une expression : « use it or lose it » qui se traduit grossièrement par: « ne pas l’utiliser c’est le perdre». Les tâches ou activités que vous trouviez anodines ou banales deviennent difficile voire impossible à réaliser si vous ne les faites pas régulièrement. 

La deuxième option : L’inactivité

Revenons à notre exemple afin de comprendre le cercle vicieux de l’inactivité de façon plus concrète. Le deuxième choix que la dame puisse faire est que lors de son retour d’hôpital, puisqu’elle se sent encore faible, elle choisit de se reposer et de faire le strict minimum. Elle reste alors plusieurs heures assises devant la télévision ou couchée au lit. Bien intentionnée, elle croit que ce repos permettra à son corps de récupérer et elle se dit qu’elle reprendra ses tâches et ses activités dans quelques jours. Cependant, le temps passe et l’inactivité s’installe et devient le nouvel élément perturbateur et le nouveau facteur de perte d’autonomie. Les faiblesses ressenties à la suite de l’hospitalisation s’accentuent et la dame développe des pertes d’équilibre. Elle commence à craindre de marcher davantage puisqu’elle a peur de tomber et se blesser à nouveau. La dame se déplace donc encore moins ce qui génère de plus en plus de perte de capacités physiques. On peut facilement voir ici le cercle vicieux en jeu qui peut mener à une dépendance complète.

La solution à l’inactivité

Tout ceci peut vous sembler perturbant mais rassurez-vous, il existe une solution très simple. Votre meilleur outil pour briser le cercle de l’inactivité ainsi que limiter les facteurs influençant l’état de fragilité est en premier lieu, l’éducation. En lisant ce blog vous faites déjà le premier pas. En comprenant comment l’inactivité peut s’installer vous pouvez reconnaître rapidement le cercle vicieux et agir avant que les pertes deviennent trop importantes. Deuxièmement, votre meilleur moyen d’intervenir et prévenir la perte d’autonomie passe par l’activité physique. Eh oui, BOUGER!

L’activité physique agi autant en prévention qu’en traitement. Elle est aussi importante que la prise de votre médication. Elle peut ralentir voire prévenir la perte des capacités et par le fait même la perte d’autonomie.

Comment définit-on l’activité physique?

Les gens associent souvent l’activité physique à un programme d’exercices mais ce n’est qu’une façon parmi tant d’autres d’être actif.  Effectuer les tâches de la vie quotidienne, marcher dans votre quartier, jardiner, sortir avec des amis pour un café, aller faire l’épicerie ou chercher ses médicaments à la pharmacie sont tous des exemples d’activités qui peuvent vous garder actifs.

Notre blogue précédent sur la fragilité ainsi que les risques de l’inactivité sur votre organisme et vos capacités, vous donne une meilleure compréhension des raisons pour lesquelles plusieurs aînés se retrouvent dans une situation de perte d’autonomie sévère. Dans notre prochain article, nous adresserons les avantages et les bienfaits de l’activité physique. De plus, nous vous fournirons plusieurs exemples que vous pourrez appliquer dans votre vie de tous les jours pour vous aider à maintenir une qualité de vie le plus longtemps possible et être au service de votre propre autonomie.

 

 

[1] OMS : Stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé

[2] Statistiques Canada : Perte et regain de l’autonomie chez les personnes âgées

 

CALL ME
+
Call me!