Comment diminuer le risque de chutes chez nos aînés

Statistiques

Chaque année, environ 147 264 chutes sont répertoriées au Registre national des incidents et accidents du gouvernement du Québec. Parmi ceux-ci, environ 106 des chutes mènent à un décès. [1]

Entre 1991 et 2010, il y a eu: [2]

    • Une augmentation de 1 276 cas de chutes avec fractures de la hanche (plus précisément le nombre de cas a passé de 2889 à 4165).
    • Une augmentation de 4250 cas de chutes sans fractures (plus précisément le nombre de cas a passé de 2745 à 6995)

Selon le Ministère de la santé publique, 70% des chutes au Québec se produisent à domicile. [3]
Cependant, il est important de noter que la majorité d’entre-elles auraient pu être évitées. 

Facteurs de risque de chutes

En tant que thérapeute en réadaptation physique (TRP) et préposée aux bénéficiaires (PAB), j’ai souvent l’occasion d’observer des facteurs de risques de chutes qui pourraient être adressés afin d’éviter ou du moins diminuer ce genre d’incident. Ci-bas vous trouverez la liste de ces facteurs, des actions à prendre ainsi que des exemples qui pourraient vous aider.

Facteurs environnementaux

Facteurs de risque Action à prendre Exemples

Domicile peu ou pas adapté pour favoriser la sécurité et l’autonomie de l’individu.

Nous vous conseillons de tout d’abord faire venir un professionnel de la santé afin qu’il fasse l’observation des capacités physiques au domicile et offre des recommandations d’adaptations domiciliaires.
Cela peut être fait par un:

    • Thérapeute en réadaptation physique
    • Physiothérapeute
    • Ergothérapeute

 

Différents équipements peuvent être installés selon les recommandations tel que:

    • Siège de toilette surélevé
    • Barres d’appuis dans la salle de bain
    • Mains courantes au mur
    • Rampe d’accès si besoin

 

Éclairage insuffisant

Afin d’assurer une bonne visibilité dans la maison nous vous recommandons de:

    • Changer les ampoules lorsque nécessaire
    • Ajouter des lumières dans les endroits où il n’y en a pas
Une attention particulière devrait être portée aux endroits tels que:

    • Les coins de pièces
    • Les couloirs
    • Les escaliers (intérieurs et extérieurs)

Surfaces de sol dangereux

Dans le but de rendre les surfaces de sol plus sécuritaires nous vous recommandons de plus précisément:

    • Retirer les tapis de plancher
    • Ajouter des tapis anti-dérapants sur les surfaces glissantes
    • Ajouter des bandes anti-dérapantes au sol
Les endroits concernés sont:

    • L’entrée de maison, le salon et la chambre (pour les tapis de plancher)
    • Le bain et la douche (pour les tapis anti-dérapants)
    • Devant fauteuil et chaises pour diminuer le glissement aux transferts

Facteurs biologiques

Facteurs de risque Actions à prendre Exemples

Trouble de la mobilité et/ou trouble de l’équilibre

À titre de proche aidant vous pouvez prendre action ou poser des gestes tel que:

    • Stimuler et encourager la mobilité et l’activité physique
    • Superviser et aider votre proche lors de ses déplacements
    • Faire appel à un professionnel de la santé 
Vous pourriez par exemple:

    • Faire participer votre proche lors des AVQ*
    • Prendre une marche avec lui/elle 3x/semaine
    • Prendre une consultation en physiothérapie afin d’augmenter ou maintenir les acquis

Faiblesse musculaire

Dans le but d’aider votre proche nous vous encourageons à:

    • Stimuler ou encourager l’activité physique
    • Mettre en place un programme d’exercices
    • Faire appel à un professionnel de la santé
Des exemples d’actions qui pourraient être prises:

    • Encourager votre proche lors de chaque activité
    • Faire les exercices avec la personne
    • Prendre une consultation en physiothérapie ou en kinésiologie afin d’établir un programme d’exercices

Déficiences visuelles

Nous vous conseillons de:

    • Tout d’abord, prendre rendez-vous avec un ophtalmologiste à tous les ans
    • Faire l’achat de lunettes de vues adéquates
    • Vous assurez que la luminosité est suffisante dans votre milieu de vie

Diabète

Il est fortement recommandé de:

    • Suivre adéquatement les recommandations du médecin
    • Mesurer régulièrement votre glycémie
    • Bénéficier d’une alimentation saine
    • Faire de l’activité physique régulièrement
Des astuces pour vous aider peuvent inclure:

    • Laisser une note à la vue, ou encore, vous mettre une alarme pour vous rappeler de prendre votre taux de glycémie
    • Avoir quelqu’un pour vous superviser lors de vos injections

 

* AVQ: Activités de la vie quotidienne; Se laver, s’habiller, manger, etc.

 

Facteurs socio-économiques

Facteurs de risque Actions à prendre Exemples

Barrières linguistiques

Lorsque la communication est rendue difficile par une barrière linguistique (les 2 personnes ne parlent pas la même langue ou l’aidé ne peut plus formuler de phrases cohérentes) nous encourageons l’utilisation d’images. Nous vous conseillons d’afficher des images dans les différentes pièces qui reflètent les différentes activités qui peuvent s’y produire. Par exemple, dans une chambre à coucher nous pourrions retrouver l’image d’un lit, d’un divan ou d’une télévision.

L’aidé pourrait alors pointer l’image associé à l’activité qu’il/elle désire effectuer. Cela évite donc des frustrations qui peuvent mener la personne à bouger de façon à générer une chute.

Exemple: Monsieur ne se fait pas comprendre lorsqu’il désire que la télévision soit allumée. Il se presse donc vers la télévision avec sa marchette, perd l’équilibre et chute.

Vivre seul

Considérez par exemple :

    • Faire une recherche pour trouver de l’aide à domicile qui réponds à vos besoins
    • Avoir un système et dispositif de détection des chutes
    • Déménager avec de la famille
    • Déménager en résidence
Quelques ressources disponibles:

    • CLSC pour des bains à domicile, pour administrer la médication au bon moment, pour mettre/retirer les bas supports
    • Système de chutes Lifeline

Facteurs comportementaux

Facteurs de risque Actions à prendre Exemples

Alimentation et hydratation

En particulier:

    • Avoir une alimentation adaptée à vos besoins nutritifs
    • Manger en quantité suffisante
    • Boire de l’eau en quantité suffisante

 

Afin de répondre adéquatement à ces critères nous vous recommandons la consultation d’un médecin ou d’une nutritionniste.

Si vous avez de la difficulté à répondre à vos besoins nutritifs pour des raisons financières, sachez que des ressources tel que la popote roulante pour vous assister.

 

Prise de médicaments

En particulier:

    • Assurez-vous d’avoir une gestion adéquate de votre médication
    • Informez-vous sur les effets secondaires possible
    • Vérifiez la compatibilité de la médication que vous prenez avec tout autre médicament que vous comptez prendre en vente libre
Afin de vous aider vous pouvez

    • Vous renseignez auprès de votre pharmacien
    • Faire l’utilisation d’un pilulier

Peur de chuter

Si votre proche a peur de chuter, vous pourriez poser des gestes tel que:

    • L’aider à reprendre confiance par l’entremise d’exercices recommandés par un professionnel de la santé
    • D’aller chercher une aide technique
    • Le superviser et de l’aider lors de ses déplacements

 

Par exemple:

    • Vous pourriez faire appel à un professionnel de la physiothérapie qui développera un plan d’exercices pour renforcer muscle et équilibre
    • Vous pourriez faire l’achat d’une aide technique tel qu’une canne ou une marchette selon les recommandations d’un professionnel de la santé

Risque de chutes en résidence


Dans le cadre de mon travail, j’ai pu constater que lors d’un déménagement en résidence, les aidants ont tendance à apporter le plus de meubles et de biens possibles afin que l’être cher se sente «comme chez soi». Bien que ce comportement soit bienveillant, il augmente malheureusement les risques de chutes.

Voici une liste d’actions que posent plusieurs aidant bien intentionnés:

    • Ils apportent le plus de biens possible appartenant au résident pour meubler sa chambre, tel que:
      meubles de rangement, table de style bistro, petites tables, décorations, etc.
    • Ils laissent à la disposition du résident des bouteilles de médicaments (Par exemple : Gaviscon, Tylenol, etc.).
    • Ils apportent plusieurs, voir tous les vêtements et les chaussures du résident, sans faire le tri.

Tel que mentionné, ces actions peuvent augmenter les risques de chutes. Voici pourquoi:

    • Premièrement, lorsqu’une pièce comporte beaucoup de meubles et de biens, il devient difficile pour une personne âgée de circuler à son aise, ce qui augmente les risques de trébucher. 
    • Ensuite, laisser de la médication à la disposition du résident, lorsqu’elle est déjà gérée par l’équipe soignante, augmente les risques de surdosage. En plus de conséquences de santé très graves, le surdosage peut causer la perte d’équilibre et de la confusion ce qui peut engendrer une chute.
    • Finalement, en ce qui concerne la garde-robe, si le tri n’a pas été fait régulièrement, certains vêtements peuvent être rendu trop grands et provoquer un risque de chute.

Cas vécu

Dans le cadre de mes fonctions, j’ai eu à prendre soin d’un résident qui avait un diagnostic de « chuteur chronique ».  Durant ses deux premières semaines avec nous, l’homme a chuté à plusieurs reprises et ce, souvent après avoir reçu une dose d’antidouleurs. Avec le temps, une relation de confiance s’est établit et l’homme nous a confié qu’il avait des cigarettes, de la médication et de l’alcool caché dans sa chambre. Des mesures ont immédiatement été mise en place. L’accès à ses cigarettes a été restreinte, sa consommation d’alcool a été diminuée et les antidouleurs administrés seulement lorsqu’il en avait de besoin (versus administrés en prévention).Ces mesures avaient comme objectif d’améliorer son hygiène de vie ainsi que de diminuer son risque de chutes. Le résultat? À ce jour, l’homme n’a plus jamais rechuté.

 

Brenda Du Sault TRP et PAB.

[1] Ministère de la santé et des services sociaux : Améliorer la prévention des chutes et des erreurs liées à la médication (2014) 

[2] Institut National de Santé Publique du Québec : Programmation scientifique (2012-2015)

[3] Publications du ministère de la Santé et des Services sociaux: Programme national de santé publique (2003 -2012)

 

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